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DIWAN

La conversation harmonieuse des cordes
 
C’est un beau succès que ce récital de rimes et de rythmes organisé par « ARTS et CULTURE » le samedi 11 juillet à 22 heures dans ses nouveaux locaux au Complexe sportif Mohamed V à Casablanca. Les adhérents et les amis de l’Association ont communié  dans un magnifique partage du sublime à travers des déambulations en vers autour du recueil de poèmes, « Algue errante » de Rédouane Taouil (éditions Kalimate) et d’une conversation somptueuse des cordes d’un quatuor de guitare, kora, sitar et luth avec Hamza Chraibi, Yahya Diabé Karim Qamari et Said Chraibi.
Poète à ses heures éperdues comme qu’il aime à dire, l’auteur d’ « Algue errante » égrène la thématique de ses poèmes en mettant en exergue les liens intimes entre l’amour, la mort et l’amitié, leur style d’écriture et son lot de métaphores, leurs résonances autant que la poésie comme forme d’être au monde née sur les bancs de l’école publique à l’occasion de la découverte des trésors de la poésie arabe.. En faisant des auditeurs des complices, il évoque le souvenir des campements dans les odes préislamique, les strophes ornées d’Andalousie, la fusion amoureuse des soufis,  des vers élégiaques de Celan et Lasker-Schüler, l’hymne aux yeux d’Aragon, des maximes de Char et des fragments de Chawki appris par cœur grâce à la magie de la radio.
Ouvertes par un clin d’œil  à  l’éternellement original Boléro de Ravel à laquelle s’est joint Zouhair Kamari, les improvisations du Quatuor ont été une fête de l’ouïe et des yeux. Sous l’égide majestueuse  du luth, l’ensemble des instruments ont tremblé à l’unisson en croisant des mélodies où les multiples harmonies du sitar scellaient une envoûtante alliance de notes et de modes. Comme produite  par les doigts d’une seule main, ces improvisations étaient autant d’invites au ravissement intérieur. Mélancoliques ou enjouées, les diverses séquences donnaient à frémir aux cordes du cœur comme pour conforter la sentence de Baudelaire : « La musique souvent me prend comme une mer ».